Bois mort sur feuillus : et si la règle était fausse ?
On enseigne qu'un érable ou un chêne ne portent pas de jin ni de shari. La nature, elle, dit le contraire.
Le Sens du Bonsaï
Dans la plupart des cours de bonsaï, une règle revient : pas de bois mort sur les feuillus. Les jins et les sharis seraient réservés aux conifères, genévriers et pins en tête. Nous pensons que cette règle mérite d'être discutée.
D'où vient l'interdit
Deux arguments la justifient. Le premier est culturel : l'esthétique japonaise classique préfère, sur un feuillu, une écorce lisse et une silhouette apaisée. Le second se veut horticole : le bois d'un feuillu pourrirait trop vite pour tenir en bois mort.
Ce que dit l'arbre
Un tronc est fait d'un cœur de bois mort, le duramen, et d'une couronne de bois vivant, l'aubier, qui fait circuler la sève. Un arbre creux vit très bien : les chênes têtards de nos campagnes, les oliviers centenaires, les trognes que l'on taille depuis des générations le prouvent. Lorsqu'une blessure survient, l'arbre la compartimente et isole la pourriture au lieu de la laisser gagner.
Une question de caractère
Le bois mort raconte la lutte de l'arbre. Plutôt que de cacher une cicatrice, on peut l'accentuer, la sculpter, et créer sur un érable du Japon un contraste que les conifères n'offrent pas. La règle tient encore dans les concours qui suivent la tradition ; dans votre jardin, c'est vous qui décidez.